"Il est à la chanson ce que la haute couture est au prêt-à-porter"
Didier Varrod - France Inter
Est-ce un Peter Pan de 40 ans qui ne veut pas grandir ? Ou un jeune homme déjà vieux ? Le temps semble ne pas avoir de prise sur Jacques Air Volt. Retro mais intemporel il barbouille son spleen de sauce aigre-douce et déroute en prenant des chemins de traverse. Ses chansons allient fougue de la jeunesse et maturité musicale. Les shamans diraient qu'ils s'agit d'une "vieille âme" (mais avec une belle coupe de cheveux).
Jacques Air Volt chante comme Jean-Louis Murat (jeune) sur "Dernière division". Passée une intro à la rythmique "polar", il assène : "qui connaît quoi sur comment ?" et joue la duplicité : jazz, chanson, pop. Jacques Air Volt ne choisit qu'un seul camp : le sien. Au jeu des comparaisons, on peut lui proposer le cousinage d'Arman Méliès ou de Joseph d'Anvers.
JAV assume pleinement sa filiation héroïco-pop influencée par ses parents mais aussi par le cultissime groupe de jazz contemporain "Esbjörn Svensson Trio" (EST). Mais c'est bien de chanson qu'il s'agit.
"Attendre" est sans doute le titre le plus influencé par l'œuvre de son père. Cette introduction syncopée ne saurait mentir. Mais JAV se démarque encore. Sa pop gracieuse à la beauté mélancolique doit autant folk anglo-saxon qu'aux envolées de Pink Floyd.
Son père ? Albert Marcoeur, le "Franck Zappa français" qui a vécu une belle histoire avec Lou Volt, plus connue comme chanteuse du Grand Orchestre du Splendid.
Langé dans les coulisses des plus grandes scènes parisiennes, le petit Denis (son prénom de naissance) est un enfant de la balle. Il a grandi ici et là au rythme des cafés-concerts, des festivals de tout poils et autre lieux où l'on joue de la musique. Il a appris la guitare avant de savoir lire et jouait des percussions juste avant de savoir compter. C'est à l'adolescence qu'il changera son prénom pour se faire appeler Jacques, en hommage à Dutronc qui lui a donné envie d'écrire. Le suffixe "Air" lui a été donné par un célèbre critique de rock vers la fin des années 1990 lorsque Jacques faisait littéralement s'envoler les riffs de sa guitare avec son groupe de rock de l'époque.
JAV a longtemps répété dans une salle paroissiale accolée à une église pas très loin du Père-Lachaise. Il y a habité aussi. Il en a gardé le goût des vieilles pierres, de l'acoustique intimiste et des discussions philosophiques avec les curés. Ses textes profonds et curieux de la nature humaine et ses mélodies attachantes en sont la preuve.
Le 1er avril 2009, il reprend sans blaguer "Ostende" d'Alain Bashung dans le cadre de l'hommage au centre Barbara. Et quand Jean Fauque lui demande "pourquoi cette chanson précisément ?" Il répond sans sourciller : "Parce que j'aime bien la mer".
Après une "première bande" autoproduite en 2009 et saluée par la presse spécialisée Jacques Air Volt se plie aujourd'hui de bonne grâce à l'exercice de l'EP. Son objectif ? Occuper le terrain et jouer jusque dans votre salon.
Ne vous en faites pas, avec Jacques Air Volt, le courant passe toujours bien.
A t t e n d re
Attendre attendre
Ô tendre toi
Ma main
Vers toi
Au bout du monde
Qui tombe
Et qui se lasse
De t’a t t e n d r e
De t’attendre
De t’attendre
T’ atteindre t’ atteindre
Ô tendre à toi
Défilé démonté déchiré
On s’abîme
On passe
le temps
De t’attendre
De t’attendre
Elle lit entre les lignes
Sur l’écran qui oscille
Sur l’écran qui défile
Elle divise notre idylle
Sur l’écran qui oscille
Sur l’écran qui défile
On éteint on attend
On s’éteint
on se rend
A dix milles lieux
L’un de
l’autre
A
dieu
(D.Jacquinet)
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Enfermé dehors (Impression du matin)
Un garde est là
Devant la porte
Je ne peux plus entrer
Ma maison interdite
No e n t r y
C’est pourtant là que je vis
Son chien est fou
En ses yeux il crie
La hargne
La rage
Le mépris
Des voix des cantiques
Résonnent dans la nuit
Derrière les volets fermés
Des lumières
Le vent de la forêt
M’apporte
Des lueurs
Noires
Sur un banc une vieille femme
Ridée fatiguée épuisée sourit
Son sourire marqué par l’encre noire de l’histoire
Abîmé morcelé me soulage un instant
J’observe les plis réguliers de sa peau
Encrés comme des lignes de vie
Son regard semble être un clin d’œil
Au voyage à lui tout seul
(D.Fouassier - V.Philippot - D.
Jacquinet)
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Dernière Division
Quatrième division, deuxième division
Les vieux et les vivants se désaltèrent
Au Père Lachaise dans les allées
Les filles en jupes jouent à chat perché
Entre les tombes et les mausolées
Poussent des cris d’enfants vivants
Mais sous la terre les enfants morts
Eux poussent des cris d’enfants morts
Est-ce qu’on est libre quand est mort
Ou est-ce qu’on trime en macchabées
Qui auraient joué à la roulette russe
Je m’ demande qui connaît quoi sur comment?
Qui connaît quoi sur où ?
Je m’ demande qui connaît quoi sur quand ?
Les gens disent pourtant ..
Les grands châtaigniers s’étirent
Pour atteindre les cieux
Dans les allées un patriarche plane
Sous la paille bleue
Des gens profonds respirent à pleins poumons
Dans les montées du jardin des morts
Se remémorent les instants et éternuent
Leur vie va finir un jour c’est ainsi.
Au milieu des poussières redeviendront poussières
Alors que le marbre lui bouge peu
Il s’endort et dort
Il s’endort et dort..
Je m’ demande qui connaît quoi sur comment?
Qui connaît quoi sur où ?
Je m’ demande qui connaît quoi sur quand ?
Les gens disent pourtant..
Momi-faire / chevalière / ornement / œil en verre /
prothèse dentaire / petite cuillère / diamant verre /
ver solitaire et autres lombrics..
Je m’ demande qui connaît quoi sur comment?
Qui connaît quoi sur où ?
Je m’ demande qui connaît quoi sur quand ?
Les gens disent pourtant..
(D.Jacquinet)
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R o y a l Touch’
Dans un décor
A la Marie-Antoinette
Aux écrans noirs
Aux reflets nets
On s’est assis
Et u n e f i l l e t t e
S’est approchée
Comme une bête
Mon baromètre
Vire au beau fixe
Selon la force
D e s t e m p ê t e s
Y’a des néons signés Klein
Et des loupiottes signées dd
La musique c’est pas du Beethov’
DJ Déclin de Malakoff
Y’a des néons signés Klein
Et des loupiottes signées dd
La musique c’est pas du Higelin’
Mc enclin à la Smirnoff
Qu’est-ce que je vous sers
Me dit la p i s s e u s e
Un Gin tonic
En jean sur les tables dressées
Les seigneurs sirotent
Des Tequilas frappées
Ici le vin chaud c’est pour les ploucs
M’a répondu la fillette
En bas résille l’est pas anar’
La petite bachi-bouzouk
Son rade n’est pas une galerie d’art ‘
Elle joue la princesse le soir
Mais on dirait plutôt
Qu’elle sort du souk’
Y’a des néons signés Klein
Et des loupiottes signées dd
La musique c’n’ est pas du Beethov’
C’est DJ Déclin de Malakoff
Y’a des néons signés Klein
Et des loupiottes signées dd
La musique c’n’ est pas du Higelin’
Mc enclin à la Smirnoff
A la bastille sous l’étendard
Ton bar tu sais
On l’aurait défoncé
Et toi on ne t’aurait pas épargné
Ta royal Touch’ à la française
Et ta couronne
D’impératrice
Sur la tête
Mais toi tu t’en fous
Tu dis rien
Mais qu’est-ce qui me retient ?
Non mais…
Qu’est-ce qui me retient ?
Y’a des néons signés Klein
Et des loupiottes signées dd
La musique c’est pas du Beethov’
C’est DJ Déclin de Malakoff
Y’a des néons signés Klein
Et des loupiottes signées dd
La musique c’est pas du Higelin’
Mc enclin à la Smirnoff
(D.Jacquinet)